Adrénaline à tous les étages

S’il y a bien un cadeau que je ne pensais pas recevoir, c’est celui-là : un vol en avion de chasse avec une phase acrobatique à la clef ! J’ai vécu cette expérience fabuleuse la semaine dernière, à Aix. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça a été extrême ! Au début, ça a commencé plutôt doucement. Le jour J, je me suis rendu à l’aéroport où j’ai fait la connaissance de Max, mon pilote-instructeur. Il m’a fait un briefing sur les consignes de sécurité, puis je suis allé aux vestiaires mettre ma combinaison de vol, prendre mon casque-micro, avant d’aller sur la piste. C’est là que m’attendait le Fouga Magister. Cet avion n’a certes pas l’apparence d’un avion de chasse (loin de là, même), mais ce qui compte, c’est qu’il offre bien les sensations propres à ce type d’appareil ! Je me suis installé sur le siège arrière, ai bouclé mon harnais de sécurité jusqu’à ne plus pouvoir bouger d’un centimètre. Quelques minutes plus tard, on était partis. Comment vous décrire ce qu’on ressent lorsque l’appareil se retrouve face à la piste, paré au décollage ? C’est un mélange de trouille et d’exaltation plutôt étonnant. C’est ce qu’on peut ressentir lorsqu’on s’approche un peu trop près du rebord du toit d’un building. Comme un vertige. Sur le moment, je me suis pris à regretter de m’être laissé embarquer là-dedans. Et puis on a décollé. Je ne m’attendais pas du tout à quelque chose d’aussi doux. Le décollage en lui-même n’avait rien d’exceptionnel : je ne me suis pas senti plaqué contre mon siège comme dans les films. Mais heureusement, ce n’était que l’échauffement. Quelques minutes plus tard, on a commencé la voltige aérienne et j’ai pu dérouiller à souhait. Dès le premier virage, je me suis rendu compte que ça allait être énorme. 5G en pleine poire. Je vous laisse imaginer la violence du choc ! Et ce n’était que le prologue. Les figures se sont enchaînées. Vrilles, tonneaux, loopings, renversement dos… Ca ne s’arrêtait plus. La séance acrobatique n’a duré que dix minutes au final, mais de retour au sol, j’étais épuisé comme si ça avait duré deux heures. Et vous savez ce qu’il y a de pire dans tout ça ? C’est que j’ai adoré ! C’est à croire que j’ai un fond masochiste. Si vous êtes comme moi un fondu d’adrénaline ou un masochiste qui s’ignore, voilà le lien vers mon vol en avion de chasse à Aix.

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Raqa : la capitale de l’enfer

Raqa, cité millénaire dans le nord de la Syrie, est la première grande ville dont s’est emparé le groupe jihadiste Etat islamique (EI). Elle est ensuite devenue sa “capitale” de facto. - Ex-capitale abbasside - Raqa connaît son apogée sous le califat des Abbassides. En 772 après J.C., le calife Al-Mansour ordonne la construction, sur le modèle de Bagdad, d’une ville de garnison, al-Rafiqa, à côté de l’antique Raqa. Les deux villes sont ensuite unifiées. De 796 à 809, le puissant calife Haroun al-Rachid décide de transférer la capitale des Abbassides, qui était à Bagdad, à Raqa, à la croisée des routes entre Byzance, Damas et la Mésopotamie. Il entreprend de grands travaux et dote la ville de palais, demeures et mosquées. En 1258, la cité est dévastée par l’invasion des Mongols. - Stratégique sur l’Euphrate - Raqa, à majorité sunnite, est stratégiquement située dans la vallée de l’Euphrate, à un carrefour d’axes routiers. Non loin de la frontière avec la Turquie, elle se trouve à 160 km à l’est d’Alep et à moins de 200 km de la frontière irakienne. La construction d’un barrage près de la ville de Tabqa, plus à l’ouest, a permis à Raqa de jouer un rôle important dans l’économie grâce à l’agriculture. - Première grande ville à tomber - Raqa est devenue en mars 2013 la première capitale provinciale à tomber aux mains de groupes de combattants opposés au régime de Bachar al-Assad. Les insurgés capturent son gouverneur et s’emparent du siège des renseignements militaires, l’un des pires centres de détention dans la province de Raqa, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). - Bastion de l’EI - Début 2014, l’organisation qui allait devenir en juin de la même année le groupe Etat islamique (EI) chasse par les armes les groupes rebelles présents dans la ville et prend totalement son contrôle. En juin 2014, l’EI proclame un “califat” sur les territoires conquis à cheval en Syrie et en Irak voisin. En août de la même année, l’EI contrôle la province de Raqa. Rapidement, le groupe extrémiste sunnite impose sa loi à Raqa, à travers la terreur mais aussi grâce à un système de gouvernance assimilable à un Etat. Il perdra néanmoins des villes à partir de juin 2015 dans la province de Raqa, comme Tal Abyad ou Aïn Issa, au profit de combattants kurdes. - Exécutions et enlèvements - Accusé de crimes contre l’humanité, l’EI multiplie les exactions et procède à de nombreuses décapitations, exécutions massives, viols, rapts, nettoyage ethnique. Le groupe lapide des femmes soupçonnées d’adultère et inflige des morts atroces à des homosexuels. Certaines atrocités sont mises en scène dans des vidéos, devenues une arme de propagande des jihadistes. - Offensive pour reprendre Raqa - Raqa est régulièrement la cible de frappes aériennes du régime syrien, de la Russie ainsi que de la coalition internationale antijihadistes dirigée par les Etats-Unis. La ville est peuplée d’environ 300.000 habitants, y compris quelque 80.000 déplacés ayant fui d’autres régions de la Syrie depuis la guerre. Les forces antijihadistes accusent l’EI de se servir des civils comme “boucliers humains” et de se cacher au milieu de la population. Le 5 novembre 2016, les Forces démocratiques syriennes (FDS, formées de combattants arabes et kurdes) lancent une grande offensive, baptisée “Colère de l’Euphrate”, pour chasser l’EI de Raqa. Les FDS sont appuyées dans les airs par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis et au sol par des conseillers militaires américains. Le 10 mai 2017, les FDS s’emparent de la ville de Tabqa et son barrage, un important verrou à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Raqa. Elles sont désormais à quelques km seulement au nord, à l’est et à l’ouest de Raqa. Mardi, les FDS ont annoncé le lancement de “la grande bataille pour libérer la ville de Raqa”, qui devrait constituer la dernière phase de l’offensive lancée il y a sept mois.

Le Hamas se distance des frères musulmans

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a communiqué lundi sa nouvelle charte, supprimant des allusions ambigües au judaïsme, acceptant un État palestinien limité aux frontières de 1967 et se désolidarisant des Frères musulmans. Depuis la création du Hamas, c’est une première. Le mouvement islamiste palestinien a communiqué, lundi 1er mai au soir, son nouveau programme politique, modifiant sa position vis-à-vis d’Israël. “Sans [accepter de] compromis sur son rejet de l’entité sioniste et sans abandonner un quelconque droit palestinien, le Hamas considère que l’établissement d’un État palestinien entièrement souverain et indépendant, avec Jérusalem pour capitale, dans les frontières de 1967, (…) est une formule de consensus national”, indique le document. Soit un retour à la situation d’avant la guerre des Six-jours, où Israël a occupé la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Le Mouvement de la résistance islamique, créé en 1987 pendant la première intifada, et au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 10 ans, est considéré comme “terroriste” par l’Union européenne et les États-Unis. Il amende ainsi son texte fondateur, souvent dénoncé comme antisémite. Les allusions très explicites au combat contre les “juifs” n’y figurent plus, la terminologie étant remplacée par celle de “sionistes”. “Nous ne cherchons pas à diluer nos principes mais nous voulons être ouverts”, a déclaré son chef Khaled Mechaal, lors d’une conférence de presse à Doha (Qatar), où il vit en exil et où le bureau politique du mouvement est installé. Il ajoute cependant que les principes fondamentaux demeurent et qu’il ne reconnaît toujours pas l’État hébreu, précisant que “résister à l’occupation par tous les moyens et toutes les méthodes est un droit légitime”. Dans sa nouvelle charte, le Hamas retire l’article 2, qui faisait de lui “une des ailes des Frères musulmans en Palestine” et son bras armé, supprimant de ce fait son lien historique avec l’organisation islamique d’origine égyptienne. Khaled Mechaal a ainsi déclaré que “idéologiquement, nous faisons partie de l’école frériste (…) mais nous ne suivons aucun mouvement en termes d’organisation”. L’amendement fait figure d’appel du pied à l’Égypte, où la confrérie est tombée en disgrâce depuis la chute du président Mohamed Morsi en juillet 2013, et avec qui le Hamas est en froid. Pour Leïla Seurat, chercheure associée au Ceri-Sciences Po et auteure de “Le Hamas et le Monde” (Éditions CNRS), on est loin d’un bouleversement. “Le document représente [un accord de] l’ensemble des personnes décisionnaires du mouvement, y compris les franges les plus radicales. Il n’y a pas de prise de risque dans cette annonce, le cheikh Yassine [fondateur et dirigeant spirituel du Hamas jusqu’à sa mort en 2004] reconnaissait déjà ces frontières et un éloignement des Frères musulmans dans les années 1990″, explique-t-elle à France 24. La nouveauté importante est plutôt de coucher sur le papier ces prises de position. “Khaled Mechaal veut faire du Hamas une entreprise de communication. Il a besoin de le faire connaître différemment en sortant des positions ambigües de la charte fondatrice. Le nouveau document, dans la forme, n’a rien à voir avec l’ancien”, ajoute Leïla Seurat, beaucoup plus réservée sur le fond du programme.

La ville des Anges

La semaine dernière, j’ai effectué un superbe voyage à Los Angeles. J’avais déjà effectué un séjour de ce type il y a deux ans avec ma chère et tendre, mais ça ne m’avait pas du tout séduit, dans l’ensemble. Parce que très logiquement, voyage de groupe implique groupe. Et là, il y a une bonne part de hasard. La première fois, nous avons eu droit à un couple d’alcooliques et une veuve un peu trop collante qui auraient probablement fini par passer par la fenêtre du bus si le voyage avait duré deux jours de plus. Mais comme on ne peut pas toujours être malchanceux, j’ai décidé avec ma dulcinée de tenter à nouveau le coup, et nous avons décroché le gros lot ! Notre groupe était pour le moins composite. Il y avait parmi ses membres un livreur de pizzas, des grands-parents, une bande d’amis d’une vingtaine d’amis, une famille musulmane incroyablement gentille… Les Etats-Unis sont un continent merveilleux. J’affectionne énormément contempler les imposants espaces de ce continent. Curieusement, cela ne nous a pas empêchés de bien nous entendre d’entrée de jeu. En fait, il y avait une atmosphère conviviale et bienveillante qu’on trouve rarement, même entre amis.Difficile de dire pourquoi c’est arrivé. Ce qui est sûr, c’est que l’atmosphère était au rendez-vous. Par contre, nous n’avons pas essayé de rencontrer ces personnes en dehors. Nous avons tout de même échangé quelques mails, mais c’est tout. Mon épouse et moi avions déjà essayé la dernière fois, avec quelqu’un avec qui nous avions bien discuté. Et si vous faites un jour un voyage de groupe, il faut savoir que c’est une très mauvaise idée ! Parce qu’une fois de retour, on perçoit rapidement qu’on est trop différents. Et cela conduit à vivre une soirée qui ressemble à un sketch. En tout cas, cela m’a vraiment convaincu queles voyages de groupe peuvent être une franche réussite. D’ailleurs, mon épouse et moi discutons déjà de recommencer. Ce séjour aux Etats-Unis nous a rappelé un truc fondamental : ce n’est pas tant le programme qui rend un voyage remarquable : ce sont avant tout les rencontres. Encore plus d’information sur ce voyage aux Etats-Unis en cliquant sur le site internet de l’organisateur.

Et si un astéroïde s’écrasait sur Berlin ou Londres

Des chercheurs ont tenté de simuler l’effet dévastateur qu’aurait une chute d’astéroïdes énormes s’abattant sur les capitales allemande et britannique. Des chercheurs britanniques ont évalué l’envergure des catastrophes qui pourraient être provoquées par des chutes d’astéroïdes sur les grandes villes du monde comme Berlin ou Londres, relate le site d’archive de prépublications électroniques d’articles scientifiques arXiv.org. En tant que modèle d’astéroïde, les chercheurs ont pris un objet sphérique de 200 mètres de diamètre et d’une densité de 3,1 tonnes par mètre cube. On a supposé que ce corps céleste heurterait la surface de la Terre à une vitesse de 20 km/s sous un angle de 45 degrés. Ainsi, la chute d’un tel corps céleste sur la capitale allemande affecterait plus de 3,5 millions de personnes sur plus de 6 millions d’habitants. À Londres, avec une population de 13,9 millions de personnes, pareil cataclysme coûterait la vie à 8,7 millions d’habitants. Dans les deux cas, des cratères d’impact se formeraient à l’endroit de la chute. Le vent fort, l’onde de choc et la radiation thermique seraient les principaux effets de la chute d’astéroïde.

Virtuelle Arcachon

A chaque nouvelle technologie, c’est la même chose : certaines personnes prétendent que ce n’est là qu’une passade. La réalité virtuelle, par exemple, connaît nombre de détracteurs. Mais clairement, pour le coup, je ne suis pas du tout d’accord avec eux. Tout récemment, un incentive à Arcachon m’a en effet permis de goûter à cette réalité alternative. Et si une chose est ressortie clairement de cette soirée, c’est qu’elle est à mon avis destinée à rencontrer un immense succès. En effet, lorsqu’on a goûté à l’immersion qu’offrent les casques de réalité virtuelle, l’écran plat paraît soudain bien obsolète. Cela revient un peu à échanger un Iphone contre un téléphone à cornet, d’une certaine manière : entre le casque qui procure une promenade ultra-immersive, et les téléviseurs classiques où l’image se limite à un cadre, il n’y pas vraiment pas photo. Et puis, il est essentiel de rappeler que la VR débute à peine, pour les plus sceptiques. Or, elle permet déjà une expérience incroyablement excitante (quoique trop brève et limitée, pour le moment). Je suis impatient de voir ce qu’elle va donner dans deux-trois ans, quand tout le monde l’utilisera. D’autant cette réalité ne se contentera probablement pas de subjuguer le domaine vidéoludique : je suis convaincu qu’elle sera employée au quotidien. Certaines personnes diront que je prends mes rêves pour des réalités, et vous expliqueront que le public boycottera une technologie visant à se couper du monde physique. Je présume que ces incorrigibles sceptiques ne pensaient pas que les citoyens joueraient un jour à Clash of clans sur leur téléphone… Je mettrais ma main à couper que la VR va crever le plafond dans les prochaines années, et nous ferions mieux de nous y mettre dès maintenant. Car de la même façon que le smartphone, elle va sans doute bouleverser nos comportements à jamais. Il y aura un avant et un après. Soit dit en passant, cet incentive à Arcachon m’a beaucoup amusé : j’ai trouvé la soirée compétition vraiment très bien. Voilà l’agence qui l’a programmé, si vous souhaitez monter un événement similaire.

Les plages de Dubai surveillées par des robots

L’administration de l’émirat de Dubaï a mis au point un modèle de robot-sauveteur. La municipalité de Dubaï a présenté un prototype de robot-sauveteur qui aura pour fonction d’assurer la sécurité sur les plages de l’émirat, indique The National. ??Le robot, en forme de bateau de 125 centimètres et radioguidé, est capable d’atteindre une vitesse de 35 kilomètres par heure. Doté d’une pompe électrique, le dispositif peut parcourir une distance de 130 kilomètres. ??Selon une source au sein de la municipalité de Dubaï, une personne qui se noie pourrait s’accrocher à cette petite embarcation pour revenir à terre. L’appareil pèse 11 kilogrammes et fonctionne sur batterie. Il est capable de résister à des vagues violentes et de “transporter” cinq personnes à la fois.Lorsque sa batterie est entièrement chargée, il peut fonctionner de 45 à 90 minutes et effectuer environ 30 opérations de sauvetage. Ce type de robots est notamment utilisé en Grèce, où des milliers de migrants venant en Europe en bateau courent constamment le risquent de se noyer.

La Russie moins dépendante du pétrole

62% des recettes budgétaires de la Russie ne sont pas liées à la vente de pétrole et de gaz. © FLICKR/ ANTTI-JUSSI KOVALAINEN Ce qui rapporte à Moscou plus que les armes Les recettes budgétaires de la Russie se sont élevées à près de 6.000 milliards de roubles au cours du premier semestre 2016. Seul un tiers de cette somme est représenté par le montant de la vente de pétrole et de gaz. Ce sont les impôts sur le revenu qui ont généré plus de la moitié de toutes les recettes, a déclaré mercredi le Service fédéral des impôts (FTS). “Les recettes fiscales au budget consolidé russe, compte non tenu de l’impôt sur l’exploration minière, s’élèvent à 5,6 milliards de roubles, ce qui est supérieur de 5% par rapport à la même période l’an dernier, et les recettes fiscales au budget fédéral s’élèvent à 2 milliards de roubles, soit une augmentation de 4%”, rapporte l’agence. “La majeure partie des revenus — 62% — n’est pas représentée par la vente de pétrole et de gaz. L’économie russe dans son ensemble dépend moins qu’avant des prix mondiaux des combustibles et des matières premières”, a déclaré lundi le premier ministre russe Dmitri Medvedev. En janvier-juin 2016, le Service fédéral des impôts a remarqué une croissance des revenus de tous les principaux impôts: les recettes provenant de l’impôt sur le revenu ont augmenté de plus de 8%; l’augmentation des accises s’élevait à 24%; la réception de l’impôt sur les bénéfices des sociétés a augmenté de 5%; les recettes de la TVA, de 3%; et les recettes de l’impôt foncier, de 1%. En outre, selon les pronostics du ministère russe des Finances, la dépendance pétrolière de la Russie en 2017 a toutes les chances de diminuer encore et de constituer 37% des recettes budgétaires par rapport au 38% de l’année en cours.

Comment j’ai piloté un avion

Cela faisait un moment que j’avais envie de m’initier au pilotage d’avion. Et il y a quelques jours, mon emploi du temps et la météo ont enfin trouvé un arrangement. C’est comme ça que samedi dernier, j’ai tenté mon premier stage de pilotage d’avion. Je me suis lancé à Montpellier, et pour faire court : c’était tout simplement mémorable. Même si le stage durait une heure, il n’y a eu qu’un peu plus d’un quart d’heure de vol : le reste de l’heure était en effet affecté à la partie initiation. Cela semble faible, mais pour tout dire, ça me semble optimal pour un premier vol. Parce que ce n’est pas de tout repos, non plus ! Il y a évidemment la tension au moment de décoller. Sur la route de l’aéroclub, j’étais détendu. Mais dès lors que je me suis retrouvé en bout de piste, attendant que la tour de contrôle me donne le feu vert, je vous promets que j’avais le trouillomètre à zéro ! Après ça, il y a également l’angoisse de l’atterrissage. Entre les deux, c’est assez doux. Le biplace est ultra léger, et de ce fait il est brinquebalé sous l’effet du vent, mais il est aussi particulièrement réactif, ce qui permet de maintenir le cap sans problème. En revanche, lorsque vous devez atterrir, vous vous mettez à prier ! Vingt petites minutes, cela peut donc sembler bref, mais pour moi, c’est juste ce qu’il faut (pour un premier vol, je veux dire). En tout cas, même si ce n’est pas particulièrement reposant, je vous prescris sans hésiter cette initiation. Découvrir Montpellier depuis le ciel donne lieu à un spectacle grandiose. Enfin j’imagine, parce que je ne me suis pas vraiment attardé sur la perspective : j’étais bien trop concentré sur le pilotage, à vraidire ! Si vous croyez que c’est compliqué, rassurez-vous : c’est vraiment à la portée de tous. D’ailleurs, on peut se former au pilotage avant d’avoir atteint la majorité ! Le moment le plus délicat reste bien entendu l’atterrissage. Mais à vrai dire, l’instructeur possède des doubles commandes pour rattraper le coup, alors c’est plutôt sécurisé, en fait. Voilà le prestataire auquel j’ai fait appel pour ce stage de pilotage avion à Montpellier, pour ceux que ça intéresse…

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Le marché noir des diplômes en Russie

Ce ne sont pas des armes ou du pétrole mais des thèses de doctorat et des diplômes qui circulent sous le manteau. Tout médecin, avocat et politicien russe qui se respecte veut avoir le sien. Fin 2015, les journaux russes ont révélé ce qui, quasiment n’importe où ailleurs, aurait été considéré comme une stupéfiante nouvelle: le président de la Douma, le plus grand corps parlementaire du pays, serait un plagiaire. Sergueï Narychkine, ancien directeur de l’administration du président de Russie sous Vladimir Poutine et membre éminent de son parti Russie unie, a été accusé d’avoir obtenu l’équivalent russe d’un doctorat sur la foi d’une thèse dans laquelle plus de la moitié des pages contiennent des textes provenant d’autres sources. Ironie jouissive, l’un des auteurs non crédités dans la thèse de Narychkine –un volume de 196 pages intitulé Les investissements étrangers en Russie comme facteur de développement économique– est un économiste et indécrottable libéral appelé Vladislav Inozemtsev. «Il est assez amusant de constater qu’un membre éminent de Russie Unie a décidé de se servir de mon article, a commenté Inozemtsev à l’époque. Il semblerait qu’il l’ait jugé de bonne qualité.» Bien sûr, personne ne pense vraiment que Narychkine a lu l’article d’Inozemtsev ou qu’il est coupable de l’avoir copié lui-même. Il est plutôt soupçonné d’avoir payé un nègre pour écrire une thèse à sa place, puis d’avoir soudoyé des responsables de l’université pour attester de sa validité. Narychkine n’a même probablement jamais lu la thèse qui lui a valu son diplôme. Aux États-Unis, la révélation qu’un haut fonctionnaire de la stature de Narychkine est un plagiaire déclencherait probablement un scandale terrible (un peu comme si l’on découvrait que Paul Ryan a écrit un article économique où il aurait tranquillement copié de longs passages de Paul Krugman.) Le sort de Narychkine n’a pas été si désastreux. Après avoir fait une déclaration tiédasse pour se défendre –«On m’a dit qu’un site internet quelconque aurait publié de soi-disant informations. Mais je fais confiance au jugement de vrais scientifiques»–, il a continué à faire son travail comme si rien d’extraordinaire ne s’était produit. Il faut reconnaître que c’est à peu près ça. Comme le savait sûrement Narychkine lui-même lorsque les accusations contre lui ont été mises au jour, il n’est qu’un Russe nanti et haut placé parmi plus d’un millier dont on a récemment appris qu’ils avaient commis des plagiats dans de grandes parties de leurs thèses. Beaucoup de ces supposés fraudeurs sont des personnalités politiques. Certains sont juges. D’autres sont procureurs, fonctionnaires de police et directeurs d’universités; l’un d’entre eux était un fonctionnaire chargé de la supervision de l’industrie du cirque russe. Rien que ces dernières années, des allégations crédibles ont été formulées au sujet de thèses signées par le ministre de la Culture russe, le gouverneur de Saint-Pétersbourg et le chef de la principale autorité fédérale d’enquête du pays. Rien qu’au mois de mai, des copiés-collés ont été découverts dans les thèses du vice-ministre des Finances de la République russe de Mordovie et d’un conseiller du gouvernement à la Justice, auteur putatif d’une thèse comparant les principes judiciaires en Russie et en Occident. À chaque fois, la fraude supposée a été exposée par des membres d’une organisation bénévole qui s’est donné le nom de «Dissernet» –le fameux «site internet» auquel Naryshkin a fait allusion de façon si dédaigneuse. Lancé début 2013 par une poignée de scientifiques et de journalistes, ce groupe a entrepris d’identifier et de désigner à la vindicte populaire les hauts fonctionnaires, administrateurs universitaires et autres membres de la soi-disant élite russe censés avoir des diplômes de haut niveau qu’ils n’ont en réalité pas acquis honnêtement. À l’aide d’un logiciel qui recherche des passages de texte similaires à des travaux déjà publiés, Dissernet a, à ce jour, identifié environ 5.600 présumés plagiaires et publié des rapports accablants sur environ 1.300 d’entre eux. Dans un article diffusé au début de cette année, Dissernet montre qu’un membre de la Douma russe sur neuf –le parlement dont Narychkine est président– a obtenu son diplôme grâce à des publications contenant de grands passages tirés de travaux écrits par d’autres et qui ont été, selon toute probabilité, achetés à des nègres. Andreï Rostovtsev, physicien cofondateur de Dissernet qui a développé son logiciel de détection de plagiats, m’a expliqué comment le groupe repérait ses proies. «En ce moment nous faisons les docteurs, expose-t-il. La machine travaille en continu, elle choisit les cas louches. Nous voyons dans la bibliothèque d’État qu’environ 100.000 docteurs ont défendu des thèses au cours des quinze dernières années. La machine en choisit une dans cette banque numérisée, l’analyse pour trouver des passages qui se recoupent avec d’autres ouvrages, et si un trop grand nombre correspondent elle nous envoie une alerte. Là, nos bénévoles les examinent à la main. Et ce processus fonctionne vingt-quatre heures par jour, sept jours par semaine.» Il faut se représenter Dissernet comme un réseau diffus d’activistes anonymes, que l’un des dirigeants du groupe décrit dans un article publié en avril comme motivés par l’inquiétude que la science russe «soit devenue un vivier de vices humains vils et honteux –la vanité, l’hypocrisie et la volonté d’atteindre le succès professionnel au moyen de méthodes malhonnêtes». Rostovtsev estime que plusieurs dizaines de personnes dans le monde contribuent régulièrement à cet effort, tandis que lui et quelques autres membres du noyau dur servent d’interface publique. La structure informelle de l’organisation –elle n’a pas de quartier général physique ni de compte bancaire central– est essentielle à sa survie. Sergueï Parkhomenko, éminent journaliste progressif qui a rejoint Dissernet après avoir beaucoup écrit sur ses premières révélations, expliquait en avril que, «quand il n’y a pas de tête, il n’y a rien à arracher». Ce qui n’empêche pas que les leaders du groupe ont occasionnellement dû faire face à des accès d’hostilité de la part des individus puissants visés par Dissernet. Un de ses fondateurs a été accusé d’évasion fiscale au début de l’année et, à la mi-mai, Parkhomenko a été convoqué pour être interrogé par des enquêteurs du ministère de l’Intérieur russe. Certains vols intellectuels identifiés par Dissernet sont d’une effronterie et d’une absurdité comiques. Le député de la Douma Igor Igochine aurait obtenu son diplôme d’économie en transformant le mémoire de quelqu’un d’autre, qui traitait de l’industrie du chocolat russe, en une thèse sur la viande; dans l’ouvrage chaque occurrence du mot «chocolat» a été remplacée par «bœuf», «chocolat noir» par «bœuf russe» et «chocolat blanc» par «bœuf importé.» Tous les chiffres, les graphiques et les analyses ont été conservés sous leur forme d’origine. En avril 2014, Dissernet a révélé qu’un oncologue nommé Iouri Tsarapkine avait rendu un article médical sur le cancer du sein qui était une adaptation –avec les données d’origine et tout le reste– de l’article de quelqu’un d’autre sur le cancer de l’estomac. Ce dernier ouvrage, présenté comme une étude sur des sujets humains, s’est avéré avoir été également copié sur une autre source: une étude du cancer chez les chiens et les rats. Si la fraude universitaire existe dans le monde entier, l’omniprésence de la triche en Russie n’a d’équivalent nulle par ailleurs, tout comme le degré de tolérance du phénomène. Comme le souligne l’historien du MIT Loren Graham, même Vladimir Poutine a été accusé, dans le cadre d’une enquête menée en 2006 par la Brookings Institution, d’avoir copié certains passages de sa thèse de doctorat d’économie. Ce qui n’a pas eu de grand impact sur la carrière du président russe. «Le fait que cela n’ait pas eu de répercussion, est-ce que ça ne vous donne pas une indication sur ce qu’il se passe? demande Graham, spécialisé en histoire de la science russe. Si Poutine peut s’en tirer sans problème, pour les autres, c’est la permission d’en faire autant.» L’échelle du problème de plagiat en Russie est difficile à quantifier mais, en se basant sur les données obtenues jusqu’à présent, Dissernet estime qu’on retrouve des emprunts non crédités dans environ 4% de tous les mémoires et des thèses soutenus dans le pays. Ce qui n’inclut pas les ouvrages écrits par des nègres mais sans plagiat: selon Ararat Osipian, qui a écrit une thèse de doctorat sur la corruption universitaire à la Vanderbilt University et effectue désormais du travail de terrain sur le sujet en Ukraine, entre 20 et 30% de toutes les thèses réalisées dans des universités russes depuis la chute de l’Union soviétique ont été achetées au marché noir. Ce marché est alimenté par l’aspiration de l’élite russe, d’une étonnante intensité, à afficher des marqueurs de statut universitaire. Selon Parkhomenko, les fonctionnaires, législateurs, médecins et hommes d’affaires russes considèrent les diplômes du supérieur comme faisant partie intégrante du même «package de succès» que les bijoux de prix, les voitures de luxe et les maisons gigantesques. «Quand une personne a réussi cela –quand elle a réussi à obtenir ce titre–, c’est censé signifier qu’elle est capable de faire quelque chose dans sa vie, explique Parkhomenko. Ça veut dire qu’elle mérite le respect.» Andreï Zaïakine, autre cofondateur de Dissernet, le résume ainsi: «Un Donald Trump aurait sûrement une thèse à son actif –peut-être même deux ou trois.»


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